VI
LA POESIE CHEVALERESQUE ROMANE
Esprit et forme de l’art au moyen âge. — La gaie science et sesproductions. — La poésie à la cour : seigneurs et maîtres-chan-teurs. — Épopée chevaleresque : légende de saint Graal, chan-sons de Roland et d’Alexandre. — Henri de Weldecke et Hart-mann. — Wolfram et son Parcival; Gottfried et son Tristan;leurs imitateurs. — Décadence de l’épopée chevaleresque ; leshéros dans la poésie populaire ; les Niebelungen et le chant deGudrun. — Passage de l'épopée au roman; les Minnesinger. —Walther von der Vogehveide; poésie didactique. — Idéal de labeauté féminine chez les poètes de cour.
De la société brillante et cultivée que nous venons de dé-crire devait naturellement sortir une riche littérature, mar-quée comme elle d’un caractère étranger. En effet, pendanttout le moyen âge, notre civilisation paraît une importationexotique plutôt qu’un produit du sol. Au seizième siècleseulement, l’Allemagne renvoie au dehors les empruntsqu’elle en a tirés et devient, grâce à la Réforme, un desfoyers intellectuels de l’Europe. Mais ce grand mouvementest suivi d’une longue période d’imitation qui se prolongejusqu’au milieu du dix-huitième siècle. Dès ce moment, lascience et. la poésie prennent chez nous leur essor définitif