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LA SOCIETE ET LES MŒURS ALLEMANDES
pour les réalités de la vie. Il se distingue encore par l’ordreet la clarté des idées, par le fini et la pureté de sa versifica-tion et prend place au premier rang des lyriques.
Bien que Gottfried emprunte ses sujets aux légendesceltiques et françaises, il n’en produit pas moins des poésiesoriginales. Voici un canevas d'après lequel on pourra sefaire une légère idée de son œuvre. A Tiritayol, dans lecomté de Cornouailles, règne le roi Marck. Il a une sœurd’une grande beauté, Blancheflor, qui est aimée de Rivalin.Celui-ci périt à la suite d’un combat contre le prince Mor-gan, et sa mort cause tant de douleur à Blancheflor qu’elle-même succombe après avoir donné le jour à un fils quireçoit le nom symbolique de Tristan (le triste). Le jeuneorphelin, recueilli par le fidèle gouverneur Ruai, est instruitpar celui-ci, dès l’âge de sept ans, dans toutes les sciencesde la cour et de la chevalerie, contraste frappant avec l’édu-cation de Parcival, que Ton a élevé en enfant de la nature.Cependant, des pirates norvégiens l’enlèvent pour le vendrecomme esclave. Mais survient une effroyable tempête quifait rentrer les brigands en eux-mêmes et ils déposent Tris-tan sur la première côte qu’ils rencontrent. C’est celle deCornouailles. Pendant une chasse royale, le bel orphelin sedistingue par l’adresse de ses coups et son habileté à jouerdu cor; il est introduit à la cour de Marck et gagne lesbonnes grâces de ce prince par ses manières élégantes et ladistinction de son langage. Averti par Ruai, Marck recon-naît son neveu dans son favori et l’arme chevalier, honneurque Tristan justifie aussitôt en vengeant sur Morgan la morlde son père et en affranchissant le pays du tribut qu’ilpayait à l’Irlande. Mais dans le duel où il a tué le faroucheMorolt, chargé de percevoir le tribut, Tristan a été atteintpar le javelot empoisonné de son adversaire, et depuis ildépérit sans espoir de guérir. Heureusement, il apprendque la sœur de Morolt, reine d’Irlande et grande magicienne,possède un remède pour sa blessure. Il se rend auprès