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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

et le sort le plus acceptable que la société puisse lui faire ;il dessine en quelques traits le type idéal de la femme par-faite, telle qu’il se la représente.

Cependant nos deux amants oublientla prudence, etMarekse voit forcé de les séparer. Tristan se rend à travers l’Alle-magne, l’Espagne et la France, à la cour du duc d’Arondelet s’y lie d’amitié avec Cahedin, fils de ce prince, qui aaussi une fille du nom d’iseult, aux blanches mains. Ladouce habitude de ce nom bien-aimé rapproche Tristan dela belle, et peut-être deviendrait-il infidèle au souvenir deson ancienne amie, fournissant un nouvel exemple de l’in-constance des hommes, si l’ouvrage de Gottfried ne se ter-minait là brusquement. Des imitateurs y ont ajouté unesuite où Ton voit Tristan céder à l’affection que lui témoignela princesse aux blanches mains et se marier avec elle. Maisdès la nuit de ses noces, le remords déchire son cœur etlui glace les sens. Blessé à mort dans une rencontre, il sereprend de passion pour la blonde Iseult et lui envoie unami la prier de venir près de lui recueillir son dernier soupir.Elle y consent, et Ton convient qu’un drapeau blanc, hisséau haut du navire, annoncera sa venue à son amant. Aumoment où le vaisseau entre dans le port, Tristan demandeà sa femme de quelle couleur est le drapeau : « Noir, »répond la jalouse aux blanches mains ; et le blessé expireaussitôt de douleur. Son amante arrive et meurt elle-mêmeà la vue du cadavre. Marck leur fit élever une tombe, surlaquelle un rosier et une vigne entrelaçaient leurs rameaux.

Ainsi portée à la perfection par Wolfram et Gottfried, lapoésie de cour dégénéra chez leurs successeurs.

La décadence fut rapide,, et nous ne trouvons à citer parmileurs pâles imitateurs que Conrad de Flecke et Conrad deWurtzbourg, mort en 1287. Le premier a traité d’une façonassez gracieuse la légende d’amour de Blancheflor; on doitau second un poëme de 6,000 vers sur la guerre de Troie,où rien ne se détache avec originalité. Mais à mesure que