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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA POÉSIE CHEVALERESQUE ROMANE

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baisse l’inspiration des poètes épiques, nous voyons sedévelopper la poésie didactique et satirique. Aux accentshéroïques d’Arthur et du Saint-Graal, se mêlent les plaisan-teries t les faits prosaïques de la vie populaire. C’est lemoment où notre littérature produit en abondance lesfables, les épigrammes, les satires, qui témoignent du goûtque les Allemands avaient alors pour ce genre d’écrits. Lerecueil le plus curieux est celui d’un poète autrichien nomméStricker, qui parut en 1230, et où l’on voit déjà les plaisan-teries de Tyl l'Espiègle.

La décadence de la chevalerie entraînait celle de la poésieépique. Bientôt, au lieu de poèmes, on n’eut plus que deschroniques rimées, comme l 'Alexandre de Rodolphe d’Emset sa Chronique universelle. Parmi toutes ces productionsinsipides, il n’y a guère que la chronique en vers d’Ottokarde Horneck (1250-1309) qui ait conservé un peu de noto-riété.

Sans nous arrêter davantage à ces essais d’une époquede décadence, nous allons revenir un moment à la périodedes Hohenstaufen, pour y étudier une remarquable pro-duction de notre littérature nationale, la légende des hérosdont nous avons dit quelques mots au chapitre second.Après avoir emprunté le sujet de ses inspirations à laFrance, le génie allemand se replia sur lui-même et célébra,dès le treizième siècle, sa légende nationale.

L’épopée populaire prend sa source aux époques desgrandes migrations d’hommes qui amènent des révolutionsdont le souvenir reste longtemps gravé dans la mémoire.Ainsi, chez nous, la légende épique a pour origine princi-pale, l’invasion des Huns et la vie de leur roi Attila. Maisces inventions se distinguent essentiellement de celles despoètes artistes. Le peuple, en effet, imagine des aventures,mais ne fait de poésie qu’à l’état rudimentaire. 11 n’y a que