LA. POÉSIE CHEVALERESQUE ROMANE
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comme dans les Niebelungen, le poëme abonde en peinturesde caractères. Les deux œuvres sont inspirées par le mêmeesprit germanique et représentent également les liens dusang, l’amour conjugal, la fidélité, le dévouement et l’hé-roïsme de notre nation.
Au quinzième siècle, on se reprit d’enthousiasme pourles héros patriotiques, et quelques poèmes furent composésen leur honneur, tel est le Livre des héros , par Gaspar von derRoen (1472), recueil de douze épopées dont le grand Rosen-garten (Jardin des Roses) est la meilleure. Elle célèbre leshauts faits du moine belliqueux Ilsan et ses colossales plai-santeries.
Vers le même temps, les épopées populaires, passant dela poésie à la prose, se transformèrent en romans. A laplace des chants et des légendes on eut les lectures et lesrécits plus ou moins historiques. Dans ce nouveau genrelittéraire, il faut placer les contes de Sigfrid le Cornu, duduc Ernest, de Tristan, deLancelot, de Magelone, de Mélu-sine, des Geneviève, de Griseldis et du docteur Faust, quipendant des siècles ont fait l’amusement du peuple et"intéressent même de nos jours.
La poésie lyrique ne cessa d’être cultivée pendant cettepériode et trouva des protecteurs parmi la noblesse et à laCour. De ce nombre fut l’empereur Henri VI auquel on at-tribue la jolie chanson : Je salue la belle en chantant. Les ly-riques les plus célèbres furent alors Friedrich von Husen,Henri de Rucke, Reimard le Vieux, Chrétien de Hamle, Gott-tried de Nifen et Ulrich de Winterstetten. Leur poésie estdouce, intime, sentimentale, mais trop resserrée et uni-forme. Ces Minnesinger n’ont rien de la fière indépendancede leurs modèles, les troubadours provençaux. On estmême choqué en les lisant de leur ton servile et de leurssentiments de basse courtisanerie. Un des plus distingués,ou pour mieux dire leur maître à tous, fut Walther von derVogehveide, que les uns font naître dans le Tyrol, d’autres