l’église, la science, l’art et le théâtre
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les plaisanteries de mauvais goût, la présence de femmes demauvaise vie et par toute sorte de désordres et de vanitésimpies. Ces réunions ne finissent jamais sans dispute, quel-que paisible qu’en ait été le début. »
Si tous ces travestissements et ces caricatures dans leculte révoltent la raison, que dire des pratiques extérieuresde pénitence? Quelques-uns attribuent l’usage des flagel-lations à saint Antoine de Padoue (1231), mais, nous ne lesvoyons usitées en Italie qu’à partir de 1260. De longues pro-cessions de pénitents, nus jusqu’à la ceinture, parcouraientles rues en se flagellant jusqu’au sang. Les luttes éternellesentre le pape et l'empereur avaient fait de l’Italie un dé-sert ; un ébranlement moral avait suivi ces horribles exter-minations et, après les victoires de Manfred, la ville gibe-line de Pérouse convoqua les chrétiens à un grand acte depénitence et de flagellation. De là, la folie de ce faroucheascétisme se répandit dans toute la péninsule. Elle n’éclataen Allemagne que vers 1348-1350, lorsque la peste noireeut égaré les imaginations. Rien d’étonnant que les ravagesde cette maladie terrible aient eu de tels résultats, car elleavait dépeuplé l’Allemagne et enlevé dans les couvents jus-qu’à 124,434 moines, ce qui indique combien ils étaientnombreux à cette époque.
Les horreurs de la peste et le fanatisme excité par les fla-gellations valurent aux juifs une nouvelle persécution. Ilsavaient déjà été traqués au sixième siècle par le peuple deRome et de Ravenne et par le roi de Soissons, Chilpéric.Mais les croisades fournirent surtout l’occasion de leur cou-rir sus. « La malédiction qu’ils ont appelée sur eux et leurrace au vendredi saint s’accomplit en ce moment », dit lachronique de Limbourg. Pendant tout le moyen âge, cettemalédiction les poursuivit; tout bon chrétien se croyaitobligé de venger sur eux les traitements que leurs ancêtres