l’église, la science, l’art et le théâtre
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gens croire aux esprits frappeurs et aux tables tournantes,ne nous étonnons point des erreurs où tomba le moyen âge.On a célébré pendant des siècles, à Rothenbourg, la fêtepopulaire du 27 août, en commémoration de la délivrancede la ville des empoisonnements juifs. Un berger ignorantavait déclaré aux magistrats qu'il avait vu les juifs empoi-sonner le puits Hertrich, et qu’il avait entendu se concerterà ce sujet plusieurs rabbins de distinction. Sur cette stupidedénonciation, défense fut faite de se servir de cette eau, etles persécutions commencèrent : « Beaucoup furent massa-crés, d’autres prirent la fuite ou furent jetés en prison.En 1393, les derniers furent brûlés et la ville purgée desjuifs. »
Partout on dressa des bûchers, dans les villes du Rhin etde la Suisse, au centre et au nord de l’Allemagne. Le chro-niqueur Wurstisen raconte qu’à Bâle, en 1348, les juifsfurent entassés dans une maisonnette de bois et étouffés parla fumée et les flammes. Dans les documents historiques deFribourg en Brisgau nous lisons : « En l’an de grâce 1349,le vendredi avant la fête de la Chandeleur, tous les juifs,avec les femmes enceintes et les enfants, qui se trouvèrentà Brisgau, furent brûlés. »
A Strasbourg, en une seule année, on en rôtit plusde 2,000 sur des bûchers dressés au cimetière, et cet exemplefut suivi dans toutes les villes rhénanes.
L’Allemand fait tout par principes et avec méthode, lebien comme le mal. Ainsi verrons-nous plus tard la questionappliquée dans les procès des sorciers pour leur faire avouerdes crimes possibles, et même impossibles. A Schaffouse,pendant la persécution contre les juifs, en 1401, voici,d’après un témoin oculaire, comment on appliquait latorture. Trois juifs, Lembli, Mathys et Hireh, sont amenés;on leur ouvre les mollets et on y introduit de la poix brû-lante, puis on les laisse guérir, afin de pouvoir recommencerla torture. Ensuite on leur brûle la plante des pieds^-jus-