l’église, la science, l'art et le théâtre
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la Haute-Italie que le schisme commença. La révolte étaitdirigée moins contre les dogmes que contre la puissancepontificale, les abus de l’Église et la décadence morale duclergé. On réclamait une organisation religieuse plus con-forme à l’esprit de l’Évangile. Telle fut l’origine de l’hé-résie des Vaudois, ainsi nommés de Pierre Valdo, leurapôtre, qui prêcha à Lyon en 1160 . Puis vinrent les Albi-geois, contre lesquels Innocent III fit prêcher une longuecroisade; enfin les Cathares et les Patarins de Lombardie.Certaines sectes professaient des opinions plus avancées etse rapprochaient du panthéisme, tels furent les Frères etSœurs de l’esprit libre , qui tenaient la communauté desbiens, comme étant d’institution divine, et qui, sous pré-texte que les passions nous viennent de Dieu et ne doiventpas être combattues, glissèrent dans une immoralité fortgrande. Le spectre du communisme apparaissait ainsi enplein moyen âge. Il y eut en même temps des esprits au-dacieux qui, non contents de s’attaquer aux parties exté-rieures de l’édifice clérical, voulaient l’ébranler jusque dansses fondements. Un théologien de Pans, Simon de Tournay,soutint que le dogme chrétien ne peut se concilier avec laraison humaine. C’est lui qui, le premier, osa parler destrois imposteurs, Moïse, le Christ et Mahomet, propos témé-raire que Grégoire IX attribua plus tard à Frédéric II, clqui fut l’origine du livre De tribus imposturibus ( 1 ). En Aile-
Qiagnc, le dogme^ défendu d'ailleurs par doo arrneo redou-
tables, ne fut pas d’abord attaqué ; on se contenta docritiquer les abus. Une justice à rendre au clergé allemand,c’est qu’il s’éleva de son sein des voix éloquentes et pieusespour flétrir les vices de la cour de Rome. Le grand rnora-
C) Je crains que l’auteur allemand n’ait ici commis une confu-Son; du moins le seul livre, à ma connaissance, qui porte ce titreest un pamphlet de Christian Kortholt dirigé contre Herbert doClierbury, Hobbes et Spinoza.
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