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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
liste Berthold de Ratisbonne, mort en 1272, en môme tempsqu'il ramenait au devoir les pécheurs égarés, tonnait publi-quement contre le commerce des indulgences. Aux prati-ques extérieures et purement physiques du catholicisme,on opposait le culte intérieur et un mysticisme profond.Parmi les prédicateurs les plus influents se distinguèrentJean Tauler (mort en 1301) et Henri Suso (mort en 1305).Le premier, « Minnesinger de la Prose », avait comme Ber-thold le don de la persuasion. Les accents démocratiques deses sermons remuaient les fibres les plus intimes du cœurhumain. Le second, digne de rivaliser avec les cénobitisindiens, opposait à l’Église visible l’autel élevé par l’amourdivin dans le cœur de l’homme. Thomas à Kempis, morten 1471, est le plus connu de ces docteurs mystiques. 1passe pour être l’auteur du célèbre livre de l'Imitation deJésus-Christ, et il prépare les voies à la Réforme, en mettantau-dessus de la dévotion externe la sanctification intérieurede l’homme.
Tout porte à croire que la lutte entre le pape et l’empe-reur activa l’éclosion de ces germes d’opposition. La bour-geoisie de Halle en Souabe, déclara que le pape était unhérésiarque, et que les prêtres s’étaient attiré le méprispublic par leurs débordements. Le paysan allemand op-posa lui-même une vigoureuse résistance à l’Église. Ainsiles campagnards de Schwytz regimbèrent contre l’autocra-tie du prieur de Notre-Dame-de-l’Ermite; les pâtres d’Ap-penzell secouèrent le joug des prieurs de'Saint-Gall, et, parde nombreux combats, méritèrent de devenir indépen-dants. A la même époque, des villageois de la Frise, lesStedingeois, dont nous aurons à parler plus tard, luttaientvaillamment contre les nobles et contre les clercs.
L’inquisition ne s’établit en Allemagne qu’à grand’peineet jamais complètement. Fondé par Innocent III pourachever la ruine des Albigeois, ce tribunal fut placé entreles mains des dominicains. Il avait pour mission de recher-