l'église, la science, l’art et le théâtre
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cher les hérétiques, de les arrêter, les mettre à la torture,les condamner et les jeter ensuite dans une prison perpé-tuelle ou sur un bûcher.
En Espagne, l’institution sévit avec fureur, surtout àpartir de 1483, lorsqu’elle eut pour chef Torquemada, tyranaussi cruel que le tzar de Russie, Ivan le Terrible. De 1481à 1487, il fit brûler 10,000 individus vivants, 6,000 en effi-gie, et en fit condamner 97,000 à la prison avec confiscationde leurs biens.
Le premier inquisiteur envoyé en Allemagne, Conrad deMarbourg, était animé d’un zèle semblable. Il poussa mêmesi loin la fureur des exécutions, malgré les avertissementsde quelques braves gentilshommes, que ceux-ci se décidè-rent à l’assommer près de Marbourg en 1233. Personne nese soucia de le remplacer, et l’inquisition languit dès lorsparmi nous.
Ce Conrad de Marbourg fait songer à une autre personneextraordinaire du même siècle, Élisabeth de Thuringe, dontil fut le confesseur. Chaque époque a scs contrastes; mais,le moyen âge, plus que tout autre. Un vernis uniformen’avait pas encore effacé les inégalités sociales que l’oeil dela critique a plus de peine à discerner aujourd’hui. Dirigéepar Conrad, Élisabeth se distingua des femmes aimables etgaies de son temps par une austère conduite, le mépris dumonde, un spiritualisme chrétien et des aspirations ascé-tiques vers le ciel. Quoique mariée, elle regrettait de n’avoirpu vivre en état de virginité. Devenue veuve, elle se trouvafort heureuse d’être forcée de mendier son pain avec sesenfants. Ayant retrouvé son rang et sa fortune, elle renonçaà tout pour fonder un hospice où elle soigna les lépreuxjusqu’à ce qu’elle succomba sous les macérations qu’elles’infligeait et qui lui imprimèrent l’auréole de la sainteté.
Non contente de régner sur les corps, l’Église voulut