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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

ville, Nuremberg, dont nous admirons encore les élégantestourelles, les pignons crénelés et les balcons. Aux yeux desItaliens, la plus gracieuse était Cologne; après elle, ve-naient Mayence, Aix, Worms, Strasbourg, Bâle, etc. Sinous en croyons un célèbre auteur français, Montaigne,Augsbourg, au seizième siècle, était plus belle que Paris.Le fin méridional Silvius Piccolomini, qui devint le papeSilvestre III, ne tarit pas en éloges sur les richesses et labeauté des villes allemandes, mais c’est sans doute une il-lusion de son imagination italienne qui le fait s’écrier :« Y a-t-il un hôtel allemand où le service ne soit en ar-gent? Rencontrerez-vous une bourgeoise qui ne soit pasétincelante d’or et de pierreries ? » Pour ce qui regarde leshôtels, il nous est difficile de l’en croire ; nous savons tropbien dans quel état de délabrement se trouvaient la plu-part d’entre eux. La description qu’il nous a laissée deVienne au quinzième siècle est confirmée par Bonfini, quivisita cette ville en 1490 et qui s’exprime ainsi : « La villeforme une demi-lune près du Danube; le mur d'enceinte après de cinq mille pas et des remparts doubles; elle estcomme un palais au milieu de ses faubourgs, dont plu-sieurs rivalisent d’étendue et de beauté avec elle. Chaquemaison a quelque chose d’intéressant à voir ; partout dedoubles cours, de grands salons et de confortables cham-bres d’hiver. Les chambres d’amis ont des lambris et lespoêles n’y manquent pas. A toutes les fenêtres on voit descarreaux peints et défendus par des grillages en fer contreles voleurs. Sous le sol se trouvent les pharmacies, les dé-pôts de marchandises, les magasins d’épiceries et des lo-gements à louer. Les appartements d’été sont peuplés detant d’oiseaux qu’en traversant les rues l’on peut se croireau milieu d’un bois. Rien de plus animé que les places etles rues. Avant la guerre, on comptait 50,000 âmes, sansles enfants, et 7,000 étudiants. Le rendez-vous des commer-çants est très-vaste et il s’y gagne beaucoup d’argent. Les