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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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BOURGEOIS ET PAYSANS

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environs de Vienne forment un magnifique jardin couronnéde vignes et d’arbres fruitiers et parsemé de belles maisonsde campagne. »

Quel dommage qu’une si jolie médaille eût son revers !Enée Silvius avoue que la probité et les bonnes mœursétaient fort négligées ; la paix publique était souvent trou-blée : « Nuit et jour, dit-il, on se bat dans les rues commesur un champ de bataille. Tantôt ce sont les ouvriers contreles étudiants, tantôt les nobles contre les bourgeois oumôme les bourgeois entre eux. Une fête religieuse ne setermine point sans coups, blessures, meurtres et assassi-nats ; dans les tavernes et les auberges pullulent de filles dejoie. Adonné aux plaisirs matériels, le peuple dépense ledimanche ce qu’il a gagné dans la semaine. Le nombredes filles publiques est considérable et peu de femmes secontentent d’un seul homme. Quand un noble fait la courà une belle bourgeoise, le mari de celle-ci lui sert à boireet a soin de le laisser seul en société avec sa femme. Deriches et vieux négociants épousent des jeunes filles qui,aussitôt veuves, s’empressent de donner leur main auxdomestiques avec lesquels elles étaient auparavant adul-tères. »

On prétend même que beaucoup d’entre elles se débar^rassaient de leurs maris par le poison ; il est certain quedes bourgeois furent assassinés impunément pour avoircontrarié les relations de leurs femmes ou de leurs fillesavec des gentilhommes.

Bien qu’il ne faille pas imputer de telles mœurs à toutesles villes allemandes de cette époque, une partie du moinsde ces excès était générale. Le bien-être avait amené aveclui l’amour des plaisirs qui dégénéraient trop souvent enorgies; les hommes se gorgeaient de liqueurs et seplongeaient dans la débauche. Aux danses lascives dont