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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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RENAISSANCE

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tème publia en 1 S 06 dans ses facéties, écrite*, en latin toutun recueil d'anecdotes populaires contre le clergé.

Je veux en citer une seule, afin de montrer quel étaitalors l’esprit du peuple allemand. Un jour, les religieusesd’un couvent, pour récompenser un franciscain des beauxsermons qu’il leur avait faits lui permirent de coucher dansle dortoir de la communauté. Mais voilà que la nuit on l’en-tend s’écrier à plusieurs reprises, non! je ne le ferai pas. In-terrogé par les nonnes sur le sens de ces paroles, il répondqu’une voix du ciel lui ordonne de recevoir auprès de luila plus jeune d’entre elles et qu’il naîtra de leur union unévêque. On lui amèna aussitôt la plus jeune des religieusesqui ne céda pas facilement. Au bout de neuf mois, elledonna le jour à une petite fille; le joyeux moine réponditque le ciel avait voulu la punir de sa résistance.

Ces historiettes ne sont pas toujours si inolfensives ets’attaquent parfois aux personnes divines elles-mêmes,sans beaucoup d’esprit, il est vrai.

On ne pouvait laisser passer de telles attaques sans y ré-pondre, et la guerre littéraire s’alluma de toutes parts. Lesclercs furent parfois maladroits ; à Strasbourg, ils se don-nèrent le ridicule de citer devant le pape l’humaniste Vimp-feling, pour avoir soutenu que saint Augustin n’avait pasporté de froc. La lutte de Reuchlin contre les Dominicainsde Cologne fut plus sérieuse, bien qu’elle s’appuyât sur unobjet de mince importance. Un juif converti, Pfefferkorn,avait demandé à l’empereur Maximilien que l’on brûlâttous les livres hébreux autres que la Bible. Reuchlin, con-sulté là-dessus, confondit le juif rénégat et les fanatiquesde Cologne qui le soutenaient. On échangea force pamphletsde part et d’autre, jusqu’à ce que Hogstraten, en sa qualitéde grand-inquisiteur, accusa Reuchlin de sorcellerie et lecita devant la cour de Mayence. Tous les gens d’esprit, etds étaient nombreux alors en Allemagne, élevèrent la voixon faveur de Reuchlin. On publia surtout contre les moines,