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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
fice religieux. Le bruit de la Réforme troublait son loisir stu-dieux. Trop délicat pour se mêler aux passions de la foule,il laissa passer le tumulte, enfermé dans son cabinet, etd’ami timide devint ennemi déclaré de la nouvelle doc-trine.
Tout autre fut Ulric de Hutten, généreux descendant d’unefamille noble qui naquit près de la source de la Kintzig, le21 avril 1488. Il devina d’un regard prophétique la forceque l’Allemagne allait puiser dans la Réforme et lui consa-cra sa vie entière, malgré les obstacles, les persécutions etl’envie. « Je l’ai osé, » telle fut sa devise.
Notre grand réformateur Zwingle, né en 1484 à Wildhaus,lui ressemble beaucoup, ,0’était un esprit plus cultivé, plusnoble que Luther et qui ouvrit son intelligence aux grandesidées libérales du christianisme. Respectant les droits de laraison, il n’enfermait pas la nature du chrétien dans unelâche souffrance, mais lui imposait les devoirs de l’hommeet du citoyen. Lui-même se fît tuer courageusement endéfendant ses principes républicains à la bataille de Cap-pel (1531).
L’opposition contre l’ordre établi se développait en mêmetemps dans les classes populaires.
Cependant les vieux professeurs des universités restaientfidèles à leurs arguments scholastiques et ne se donnaientpas la peine de penser par eux-mêmes, intéressés d’ailleursà la défense d’un système qui les faisait vivre. A Ingolstadtc’était le maître en discussion, Jean Eck qui donnait le ton;à Cologne, le professeur Hogstraten. Les moines de tous lesordres cherchaient à s’opposer aux novateurs. Mais les hu-manistes, loin de se laisser intimider, lancèrent pamphletssur pamphlets.
Un professeur de littérature de Tubingue, Henri Bebel,déjà connu par de piquantes satires contre le vieux sys-