Buch 
La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
Entstehung
Seite
240
JPEG-Download
 

240

LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

des gargousses n’était pas connu encore. Le tonneau depoudre se trouvait à côté de la pièce que l’on chargeaitavec une pelle. Wallenstein porta le nombre des pièces àquatre-vingts. Gustave-Adolphe en eut jusqu’à trois cenlsau camp de Nuremberg; il est vrai qu’un grand nombreétaient de l’artillerie volante, en pièces de quatre livres quel’on chargeait au moyen de gargousses; il avait aussi sixcanons en cuir cerclés de fer et d’un transport facile. Afinde ne jamais manquer d’artilleurs, il dressa ses mousque-taires au service des canons. Sa cavalerie n’avait que desdragons avec des cuirassiers légèrement armés. Pour lui,comme pour Napoléon, la tactique consistait en mouve-ments rapides, en habiles manœuvres et surtout dansl’adroite alliance des trois diverses armes. L’ordre de ba-taille qu’il inaugura marque aussi un génie inventif et pru-dent. Au lieu de la disposition par carrés compactes, imi-tée de la phalange macédonienne et adoptée par les Suisses,il espaça ses lignes, couvrit les flancs de l’infanterie avecses chevaux et masqua ses canons qui lançaient la foudrepar les espaces restés vides. On a eu raison de comparercette ordonnance à une forteresse bien organisée qui estprête à recevoir l’ennemi de tous côtés, et Gustave-Adolphemérite d’étre placé au premier rang des grands capitaines.Dans un siècle où les talents les plus médiocres obtenaientdes commandements supérieurs, nous ne citerons parmiles généraux que de Werth. Aldringen, Beck, Stallhantsh,Sporck, et Derflinger qui, d’apprenti tailleur, devint maré-chal de camp de Brandebourg (Tilly, Pappenheim et Wal-lenstein sortaient des rangs inférieurs de la noblesse). Pen-dant la vie de Deflinger l’armée protestante appliqua à laguerre les lois de l’humanité, mais après lui les luthériensse conduisirent aussi cruellement que leurs adversaires.

Terrible comme toutes les guerres de religion, celle deTrente Ans nous'Viontre jusqu’où peut aller la brutalité del’homme. Ce fut un drame sauvage joué sur le sol allemand