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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
dispensable de remplacer les hommes qui ont péri dans lasanglante guerre de Trente Ans, et de se mettre à même decombattre nos ennemis, surtout les Turcs, nous ordonnonsce qui suit : « Dans les dix années qui vont s’écouler, il estdéfendu à tous ordres d’admettre dans leur communautédes hommes au-dessous de 60 ans. Les prêtres qui n’ontpas encore pris les ordres devront se marier. Tout hommea permission d’épouser deux femmes, pourvu qu’il sub-vienne honnêtement à leurs besoins, et qu’il empêche lesdiscordes entre elles. » Pendant ces trente ans, la popula-tion de l’Allemagne était descendue de 17 à 4 millions] ceseul fait suffirait, sans autre commentaire, pour indiquerde quelle façon la guerre se faisait alor's.
Une des suites de cette longue lutte fut le changement del’armée qui, de mercenaire, devint permanente, transfor-mation favorable à l’absolutisme royal, et qui s’opératrès-facilement. On prolongea la durée du service destroupes mercenaires engagées jusqu’alors pour un tempsfort court, souvent même pour une seule campagne. Leprix d’engagement fut augmenté, mais la solde diminuasensiblement ; le code militaire devint plus sévère, et l’onne fut pas avare de coup de plat d’épée. C’est alors que seforma cette classe de recruteurs, qui ne reculaient devantaucun moyen pour fournir des hommes à ceux qui leur endemandaient.
Déjà la France avait organisé ses armées sur ce pied, etl’art militaire, ainsi qu’aux Pays-Bas, y prit les alluresmodernes. Toute l’Europe imita les créations de Louis XIVet les innovations introduites dans la fortification des placespar Vauban et son rival des Pays-Bas, l’ingénieur Cohora.L’Allemagne prit pour noyau de son armée les compagniesdes gardes du corps des souverains, et remplaça l’appella-tion de lansquenet ou valet par celle de soldat. Les guerres