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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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ART MILITAIRE

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avec la Turquie et la France accrurent le chiffre desarmées, et depuis la manie de l’uniforme et des revues,celle des casernes, rendues nécessaires par le caractère per-manent des troupes n’ont fait que gagner. On a perfec-tionné les armes et donné des fusils à l’infanterie. Labayonnette, adoptée en 1680, entrait d’abord dans le canonde l’arme. Les grenadiers, troupe d’élite de l’infanterie,portaient, en sus de leurs armes, des grenades qu’onlançait avec la main. La cavalerie s’accrut de deux nou-veaux corps, les hussards et les uhlans.

Voici quelle fut la progression du nombre. Au seizièmesiècle, 25,000 hommes constituaient une armée impor-tante; en 1673, l’armée que Montécuculi commandait contreles Français était de 50,000 hommes. Les régiments de ca-valerie avaient été porté à 900 hommes ; ceux d’infanterieà 2,500.

Après l’Autriche, c’est la Prusse qui a l’armée perma-nente la plus nombreuse. Le grand électeur (1640-1688)s’occupa surtout d’en réunir les éléments. En 1655, sonarmée comptait quatre lieutenants et douze majors géné-raux, et lui coûtait la moitié de son revenu, deux millionset demi. En 1689, elle comprenait les grands mousque-taires ou gardes du corps, 7 régiments de cuirassiers, 5 ré-giments de dragons, 26 compagnies de gardes à pied,19 régiments d’infanterie, 798 artilleurs et 40 pièces, en tout26,858 hommes. A la mort du premier roi de Prusse (1713),ce chiffre s’était élevé à 30,000. L’équipement était magni-fique; les gardes à cheval étaient vêtus d’un uniformebleu, bordé d’or avec bandoulières de rouge carmin, celuides officiers était écarlate et couvert de broderies d’or;celui des grenadiers de la garde blanc et bleu, et la coiffuredes officiers en velours carmin.

Cette organisation se conserva jusqu’à la guerre de SeptAns; un train énorme d’hommes et de chevaux suivaitalors les armées et surtout les princes en campagne.