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C.A SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
Luther on se plaignait vivement de cette vie de débauchesque la guerre de Trente Ans poussa jusqu’à la sauvagerie.Il n’y eut presque plus de différence entre l’étudiant et lesoldat ; on quittait l’université pour se faire lansquenet eton revenait ensuite continuer ses études. De cette façon, labrutalité des camps s’introduisit dans la vie universitaire,et certaines chansons attestent cette alliance peu honorable.
Le dix-huitième siècle trouva les étudiants plongés dansle vice et la grossièreté; plus de sentiments généreux, plusde nobles aspirations; à une vie dépravée s’ajoutait unesuperstition honteuse. En 1715, un étudiant d’Iéna, sousprétexte de découvrir un trésor et d’évoquer les esprits,asphyxia deux paysans et faillit périr lui-même. Le sénatacadémique le poursuivit comme sorcier, sans avoir l’airde se douter que l'accident provenait de la vapeur du char-bon dont il s’était servi. L’année suivante, il se passa àHalle un fait plus lamentable et qui fut regardé comme unevengeauce du ciel. Une bande d’étudiants et de filles lé-gères, dans une nuit d’orgie, eurent l’impiété d’imiter lacène et la passion du Christ. Une heure après, onze étu-diants expiraient. Ils avaient été empoisonnés par la bièreà laquelle l’aubergiste ivre avait mêlé de l'eau de lessive.
Enfin, vers le milieu du dix-huitième siècle, ces désor-dres cessèrent et des associations sagement organisées per-mirent à l’étudiant de mener une vie plus convenable etplus en rapport avec la civilisation.