SCIENCES
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sans prière, menant une vie de carnaval païen. Manger,boire, se promener, casser les vitres à coups de pierres,prendre les maisons d’assaut, vexer les nouveaux débar-qués, tel était l’emploi des jours. Nul souci des études. Lesaventures galantes ne manquèrent pas.
Cette existence débraillée, que l’on désignait sous le nomdepennalisme, déshonorait les mœurs académiques et engen-drait de tels abus qu’on dut sévir, la question fut mêmeportée devaut le Parlement. C’était surtout en voyage queles étudiants se livraient à la licence et méritaient d’êtreappelés mgants, lyrants, hachants. A l’université, de grandsdésordres résultaient des vexations éprouvées que les an-ciens s’attribuaient le droit de faire subir aux nouveaux. Lapremière année était ainsi devenue une série de mauvaistraitements, de cérémonies cruelles, où l’on ne ménageaitpas les coups de scie, de rabot, de cognée. Ces instruments,d’une dimension énorme, étaient étalés sous les yeux épou-vantés du nouvel arrivant, qui, au bout de l’année, tombaitsouvent malade et mourait même de ce continuel tour-ment. Ceux qui en échappaient étaient reçus schoristes (ton-dus); jusque-là ils se contentaient du titre de renard. Cettedernière épithète, fort usitée encore de nos jours, doit sonorigine au professeur Brisomann qui passa de l’universitéde Naumbourg à celle d’Iéna. En qualité de pédant, il por-tait, même en été, un manteau doublé de peau de renard ,d'où l’appellation appliquée aux jeunes étudiants.
Ces coutumes licencieuses nuisirent aux mœurs académi-ques non moins que l’établissement des corporations. Ceuxqui faisaient partie d’une corporation se distinguaient parun signe particulier, ruban ou plumet. Chacune de ses as-sociation avait sa juridiction, défendait les droit et les inté-rêts de ses membres contre le gouvernement et les bour-geois ou philistins. C’était une cause de duels fréquents etde désordres. En 1516, les étudants d’Erfurt arrachèrent undes leurs de l’échafaud où le vol l’avait conduit. Déjà sous