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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

à la magie chrétienne, laquelle s’appuiera aussi sur le pas-sage de la Genèse, où il est parlé des amours des angesavec les filles de la terre, d’où sortit la race des géantsde Néphilim. La personnification du mal se trouve surtoutdans le système des anciens Perses, des Égyptiens et desIndiens, plutôt que dans la séduction d’Ève par le serpentau paradis. La trinité indienne comprend les trois prin-cipes créateur, conservateur et destructeur, figurés parBrama, Vishnou et Siva. Zoroastre met à côté du bon Or-muzd le méchant Ahriman ; l’Égypte vénère à la fois lebienfaisant Osiris et la méchante Typhon.

Cette idée de la divinisation du mal passa comme beau-coup d’autres des mythologies de l’Orient au christianisme.Les évangélistes nous présentent déjù le diable commel’ennemi implacable du royaume de Dieu, essayant même deséduire Jésus.

A la conception primitive, fournie par l’Orient, vinrents’ajouter des traits empruntés au paganisme ou à la reli-gion des peuples Scandinaves. Afin de donner une plushaute idée de Dieu, on le montra en lutte avec des adver-saires terribles qui n’étaient autres que les anciens dieuxde la Grèce ou de l’Edda. Les peuples du Nord, aprèsleur conversion, se mirent à redouter comme démons lesêtres qui avaient peuplé le ciel de leurs pères et la crédulitépopulaire donna la main à la théologie chrétienne. On a vudans la première partie, que les Germains avaient déjà unesorte de diable sous le nom de Loki, dont les principauxattributs se transmirent à son héritier. En effet, le démondu moyen âge n’est pas seulement l’ennemi de Dieu, maisson singe et son rival ; comme lui il fait des miracles, ac-corde des dons surnaturels, et de son union.avec une viergenaît un fils puissant, Merlin l’enchanteur. Cette croyance futune source de superstitions qui troublèrent le sens des peu-ples de l’Europe. La Réforme, loin de la combattre, lasanctionna plutôt, grâce à ses préjugés théologiques.