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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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l’art et la littérature

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Sébastien Brandt (1458-1521) où toutes les classes de la so-ciété sont tournées en ridicule. Mais le plus grand génie sa-tirique de l’Allemagne fut Jean Frichart, de Mayence, pro-testant infatigable qui s'attaqua à tous les abus de sonépoque, plus nombreux, d’après lui, que les étoiles du cielet les grains de sable de l’Océan. Sa plume s’est mêmeexercée contre les sorciers, tant il est difficile aux espritsles mieux trempés de se soustraire à l’influence des préju-gés de leur temps !

Le drame populaire, lui aussi, paya son tribut aux polé-miques et à. la satire. Nous savons qu’aux anciens mys-tères et aux moralités allégoriques avaient succédé dessujets profanes, tels que le Jeu de carnaval qui n’avait plusrien de commun avec l’église, mais qui empruntait augénie national ses sujets, son exécution et sa forme litté-raire. En 1480 les premiers symptômes de la lutte religieusese révèlent dans le mystère railleur de la Papesse Jeanne,attribué à un prêtre du nom de Théodore Schernbergk etdirigé contre la puissance pontificale. Trente ans plus tard,l’attaque fut renouvelée par un citoyen de Berne, NicolasManuel (1484-1530) qui servit d’organe au protestantismesuisse et cribla de railleries le clergé catholique. Un cor-donnier de Nuremberg, Hanns Sachs (1494-1570) suivit lamême voie et se signala par une fécondité merveilleuse,écrivant de sa main trente-quatre gros volumes qui renfer-ment quatre mille deux cent soixante-quinze ballades,deux cent huit comédies ou tragédies, quatorze centsoixante-douze fables et facéties, soixante-treize chants deguerre, d’amour ou d’église, en tout, six mille quarante-huit pièces. Pour lui tout devenait matière à poésie. Aumilieu de la licence et d’un grossier débordement, saplume resta chaste et pure. II réussit peu, néanmoins, dansla tragédie, faute de savoir animer ses personnages, maisses drames montrèrent le chemin à Jacob Ayrer (mort enf618), qui lui succéda. Jusqu’alors les représentations