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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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306 LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

avoir été la devise de l’époque contemporaine; il a servi de jguide même aux despotes. Le grand Frédéric et Joseph IItravaillèrent à éclairer leurs peuples et protégèrent la phi-losophie. A la cour même de l’immoral Louis XV, lorsquela guerre de Sept Ans eut ouvert les yeux sur les vices de (l’organisation monarchique, on ne parvint à calmer pourun moment les vagues impatientes de la révolution qu’en (leur jetant en pâture l’ordre des Jésuites. Mais on ne put serésoudre à sacrifier en même temps leur doctrine. Il fallut ^

pour réveiller la vieille Europe la proclamation des droits s

de l’homme de l’autre côté de l’Océan ; l’effet en fut im- (

mense sur l’opinion publique. L’idée de liberté, victorieuse j

dans la démocratie fédérative de l’Amérique du nord, fut j

accueillie avec enthousiasme par la nation européenne qui ,

était depuis longtemps le principal soutien du despotisme, [

et servit de drapeau aux débuts de la révolution française. r

Malheureusement les traditions autoritaires et de centrali- f

sation vinrent en contrarier l’expansion. La Convention se (

montra aussi autocratique que Louis XIV et les vrais prin- (

cipes d’émancipation furent obscurcis par le communisme j

qui sacrifie l’individu à l’État.

En attendant, l’Allemagne a repris le travail de civilisa- (

tion inauguré par le seizième siècle et si brusquement in- )

terrompu par la guerre de Trente Ans. Après avoir, sous <

Luther, émancipé la religion, elle veut aujourd’hui rendre f

le môme service à l’art et à la science. Il s’agit d’affranchir ,

la science du joug imposé par le dogme; l’art, de celui qui ]

lui faisait subir l’esthétique française. Cette délivrance est ]

opérée par les coryphées de notre philosophie et de notre {

littérature classiques, guidés par l’humanisme, qui est l’idéede l’avenir. Pendant ce temps la révolution politique, pour-suivant en France une marche fatale, se transformait en ladictature militaire d’un César. Napoléon, dans son œuvre decentralisation et de restauration monarchique, eut surtou*pour adversaires les Anglais dont l’or et les navires contri-

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