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LA. SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
gouait de l’habit bleu, du pantalon blanc et des bottes àl’écuyère de Werther. Le pantalon, adopté de bonne heurepour sa commodité par les soldats de la République fran-çaise, fut par ce motif longtemps repoussé par nos chauvinsallemands, bien que Guillaume III l’eût arboré dès 1797aux eaux de Pyrmont. Il finit pourtant par triompher etprit la place de la culotte et de la botte.
Quant aux femmes allemandes, qui rivalisaient de coquet-terie avec leurs voisines d’outre-Rhin, elles durent livrer denombreux combats aux défenses austères portées contreleur luxe, plus encore chez les luthériens que chez les ca-tholiques. Un magistrat d’une ville du Sud lançait à leuradresse, en 1728, la prescription suivante : « Nous exigeonsque les femmes, dont la vanité a grandi d’une façon déses-pérante, s’habillent suivant la mode de notre pays et qu’ellesne portent pas de bijoux d’or. Permis à elles d’avoir desfichus en soie, pourvu que la dépense n’en soit pas exa-gérée. Nous défendons l’usage des crêpes de soie, des robesà couleurs voyantes, des corsets de damas, velours ou soie,ainsi que des plumes et des fleurs au chapeau, des corsets!la française qui se lassent par derrière, des plis aux man-ches, des talons de souliers recouverts de satin, de la mous-seline rayée, etc., etc. » Mais ne sait-on pas que la mode semoque des règlements? Malgré ces sages défenses, nosaïeules n’étalèrent pas moins un grand luxe dans leur toi-lette qui se ressentit de tous les souffles, de tous les capri-ces de leur époque.
Voulez-vous revoir le portrait d’une jeune élégante dece temps en costume de bal ? En voici les couleurs princi-pales : Sur la tête s’élève une coiffure poudrée à plusieursétages, richement garnie de plumes, de fleurs et de rubans.A l’autre extrémité de la personne, la pointe du pi^s’appuie sur une petite échasse qui tient au brodequin develours ou de satin; la taille de guêpe est comprimée sou*un corset de baleines; le vaste panier est recouvert dune
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