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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒUiiS ALLEMANDES
magasin sans sa femme de chambre. N’étant pas encore gâ-tées par la lecture des romans, les jeunes filles obéissaientdoublement à leur père ou à leur frère. C’est surtout dansles villes hanséatiques qu’il faut voir cette antique séiérité,longtemps conservée malgré la contagion du voisinage etl’étendue de leur commerce. Lisez pour votre édification lelivre de Jolianna Schopenhauer sur la ville de Dantzig oùelle était née. Il y avait dans la fortune publique quelquechose d’étofïé, de somptueux même. Du toit des maisons àcinq étages, d'énormes dragons en zinc vomissaient dans larue l’eau de la pluie. Sur chaque façade était appliquée uneterrasse commode pour les soins du ménage. A l’intérieurla simplicité antique s’était embellie d’un agréable comfortque les hommes avaient apporté de leurs voyages. Si lesfemmes n’avaient pas reçu une brillante éducation, elles ysuppléaient par leur bon sens naturel et par la bonne hu-meur. L’intolérance luthérienne n’accordait aux catholiquesaucune fonction, pas même celle de garde de nuit; en re-vanche, la liberté des cultes laissait subsister plusieurs cou-vents dans la ville.
Passons de la bourgeoisie au monde de la cour et, pourrendre hommage à la suprématie du rang, commençonspar celle de Vienne. Jusqu’à Charles VI, le dernier desHabsbourg, il y règne l’étiquette espagnole et un respect jsévère des convenances. Déjà pourtant, sous Léopold I",les modes et les vices de Versailles s’étaient introduits; la jduchesse d’Orléans nous apprend que les seigneurs aulrr ,chiens ne se privaient point d’en conter aux dames, comme jle fit le prince Eugène dans sa jeunesse, mais c’est seulement .Charles VI qui, par son exemple, sanctionna les mœurs [nouvelles en se donnant une maîtresse en titre, l’EspagnoleAlthann. Les ministres Sinzendorf, Bartenstein et KaunitZifrançais jusqu’au bout des ongles, firent tout pour intro-