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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMAÏJÙiïS

du piquet et de l'hombre, jusqu’à l’empereur François,époux de Marie-Thérèse, qui les autorisa. Un desplaisirs favoris des dames était le tir à la cible, auquel pré-sidaient les archiduchesses; l’impératrice remettait elle-même le prix à celle qui l’avait remporté. Dans les assem-blées et au bal, c’était aux dames à engager leur danseur.Les mariages étaient réglés par les parents, alors que lesenfants étaient encore au berceau. Quand le moment del’union était venu, le jeune homme se rendait chez safiancée et demandait sa main à genoux. La timide jeunefdle le renvoyait à ses parents devant lesquels il venait lelendemain renouveler sa demar.de en prose ou en vers ettout était dit.

Sous Marie-Thérèse et son galant époux, François deLorraine, la cour de Vienne devint animée et brillante. Ondonna des carrousels, des opéras, de ballets et des bals quiréunissaient parfois jusqu’à deux mille invités. Ces fêtes ab-sorbaient tous les ans six millions de florins. L’ameublementde la salle à manger du château impérial coûta 90,000 flo-rins. Le service, en or massif, pesait quatre quintaux etvalait trois millions de florins. On brûlait douze mille cordesde bois et il y avait plus de deux mille chevaux dans lesécuries. Quand l’impératrice sortait, elle distribuait enabondance les ducats aux mendiants. Ce goût de la dépensegagna son entourage et la passion du jeu fît surtout fureurà la cour. La belle maîtresse de l’empereur, la princesseAuersperg-Neipperg, perdit un soif 12,000 ducats. Pour lepeuple, on institua la loterie qui, en dix ans (1759-1769),produisit 21 millions, sur lesquels la cour eut pour sa part3,400,000 florins.

Invariablement fidèle à son volage époux, Marie-Thérèsesurveillait les mœurs autour d’elle. A cet effet, elle instituales commissions de pudeur, dont Kaunitz se servit pour sapolice secrète. Elle était fort sévère pour les débauchesscandaleuses. Les fils du maire de Dantzig, pour avoir assisté