LA SOCIÉTÉ ALLEMANDE AU DIX-HUITIÈME SIECLE 327
parbc.ndes innombrables, dévorait en une nuit le fruit d’uneannée de travail. Défense absolue, sous peine de la prison,de le détruire ou de l'arrêter. Les chasseurs eux-meme tra-versaient en troupe les champs en épis, forçaient les culti-vateurs à laisser leurs travaux les plus pressés, pour traqueret suivre la chasse au loin. Voulait-on chasser sur l’eau, lepaysan creusait des fossés et formait un lac.
Dans l’un des fréquents voyages qu’il faisait à Venisepour y prendre part au carnaval, le duc, qui avait mal cal-culé sa dépense, se vit saisir ses joyaux. Les courtisanesitaliennes qui le suivaient dévorèrent des sommes fabu-leuses. Pour satisfaire ses passions brutales, il violentasouvent les femmes et les filles du Wurtemberg. Si quelquefruit naissait de ces relations avec une fille du peuple, il luifaisait compter 50 florins pour tout dédommagement.
Un aventurier fameux, Casanova, dont les mémoires fontvoir quelle était l’influence des charlatans dans ces coursallemandes du dix-huitième siècle et dont la sincérité a étédémontrée par l’historien Barthold, nous arrive de Hollandeen 1760. Il trouve à exercer ses talents auprès du princebavarois, Auguste-Clément, sorte de Bourbon au petit pied,connu par son aventure avec la femme du maire de Colo-gne. A Stuttgard, Casanova eut avec les officiers de la gar-nison une affaire qui prouve combien l’honneur était bannides lieux même où l’on s’attend à le rencontrer. Mais'lais-sons ces anecdotes pour écouter les impressions de l’intelli-gent Vénitien : « La cour de Wurtemberg était à cette épo-que la plus brillante de l’Europe ; le duc avait le goût dela magnificence, il faisait élever des constructions splen-dides, aimait à avoir de beaux équipages de chasse et deschevaux. Le théâtre et ses maîtresses lui coûtaient plus quetout le reste ; il avait la comédie et l’opéra avec vingt dan-seurs des premiers sujets d’Italie. Noverre, qui dirigeait sesballets, employa quelquefois jusqu’à cent figurants. Lespeintres et machinistes ajoutaient par leur talent à la magie
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