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LA SOCIÉTÉ ET LF.S MŒURS ALLEMANDES
ses mœurs; aucune maîtresse n’eut d’influence sur lui. Saseule faiblesse fut la danseuse italienne Barberini à qui ceprince économe ne donnait que 12,000 thalers par au.Cette passion donna lieu à. une scène assez étrange. Elleétait follement aimée par le fils du chancelier Coccegi,homme d’une haute stature et d’une force eotossale qui,chaque fois qu’elle dansait, ne manquait pas de venir lacontempler. Un soir, s’imaginant que la Barberini faisaitles yeux doux à son voisin, il empoigna celui-ci et, sanss’inquiéter de la présence du roi, il le jeta aux pieds de ladanseuse.
Frédéric n'aimait pas les plaisirs où il entre de la bruta-lité; il estimait un chasseur moins qu’un boucher; il cher-chait ses distractions dans la lecture, la musique et la ver-sification. Vivant en célibataire à Potsdam ou à Sans-Souci,il ne dépensait pas plus de 220,000 thalers, dont 12,000 poursa cuisine. Il tenait à avoir une table délicate et en sur-veillait les officiers. Son faible le plus coûteux fut celuides tabatières ; il en laissa cent trente à sa mort. Sa tenueétait d’une excessive négligence, il portait des chemises etdes habits rapiécés; toute sa garde-robe fut après luivendue à un juif pour 400 thalers. Les housses de ses meu-bles étaient couvertes de grains de tabac et déchirées parles chiens qui couchaient jusque dans le lit du roi. Cepen-dant Frédéric n’avait rien de la parcimonie de son père, ilsavait, au besoin, donner des fêtes magnifiques. Le 18 jan-vier, pour l’anniversaire de son couronnement, il mit sursa table un service en or qui avait coûté 1 , 300,000 thalers.Berlin lui doit de nombreux édifices et la population decette ville, qui était de 100,000 habitants sous Frédéric-Guillaume, s’éleva sous son fils à 150,000.
Le sans-iaçon et les libres allures qui caractérisaient l'ex-térieur de Frédéric se retrouvent dans son langage et dansses écrits. Ajoutez-y un esprit caustique qui rend piquantsses billets sans orthographe et ses notes marginales, fl^s