LA SOCIÉTÉ ALLEMAND!* C.Ü DIX-HUITIÈME SIÈCLE 343
Leroi. — Approchez-vous de la sainte cène?
Edelmann. — Quand je rencontrerai des chrétiens quisoient prêts à se faire crucifier avec moi, je communieraiavec eux.
Le roi. — Pourquoi n’allez vous pas à l’église, où se faitla distribution ?
Edelmann. — Je ne prends pas cela pour la sainte cène,mais pour une cérémonie antichrétienne.
Leroi. — De quoi vivez-vous?
Edelmann. — De la main de Dieu.
Le roi. — Ah ! vous mendiez ?
Edelmann. — Non, sire, je n’en suis pas là. Dieu m’adonné de quoi vivre en honnête homme. Mais si jamais jeme trouvais dans le besoin, je sais qu’il est des chrétiensqui me viendraient en aide.
Le roi. — Je veux être un de ces chrétiens ; voici seizegros.
Edelmann. — Sire, je vous demande une seule grâce.
Le roi. — Laquelle ?
Edelmann. —- Ne me forcez pas d’accepter une offrandedont je n’ai pas besoin.
Le roi. — En voulez-vous davantage ?
Edelmann. — Non, je ne veux rien, je n’ai besoin de rien.
Le roi. — Je vous le donne pour l’amour de Dieu.
Edelmann. — J’accepte au nom de Dieu.
Le roi. — Où allez-vous ?
Edelmann. — A Berlin, si Votre Majesté daigne me le per-mettre.
te roi. — Non, vous ne devez pas aller à Berlin.
Edelmann. — Je m’étais figuré que dans votre royaume,u y avait une entière liberté de conscience.
Leroi. — Oui, votre conscience ne doit pas être violentée,mais je ne veux pas que vous alliez à Berlin. Que Dieuvous convertisse ! '
Edelmann. — J’en souhaite autant à Votre Majesté.