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A SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
en Allemagne, et il convoqua les frères au congrès deKalha (1764) où le duc Charles de Brunswick fut élu grand-maître. Sous prétexte qu’il était persécuté par Frédéric II,Johnson fit monter la garde à ^ette réunion par des frèrescostumés en Templiers. Tandis que ceux-ci faisaient la pa-trouille et que les autres étaient absorbés par leurs ridi-cules cérémonies, il s’empara de la caisse et se sauva. Lastricte observance fut d’ailleurs violemment combattuepar les maçons éclairés au congrès de Wilhelmsbad, près deHanau, en 1782, et Ton y adopta la doctrine éclectique quiproposait pour but à l’ordre la guerre à toutes les supers-titions et à tous les despotismes. Sur oe point la franc»maçonnerie donnait la main à l’illuminisme fondé parWeishaupt et L. Zwackh (1776-1798), qui comptait déjà douzeloges en Bavière, en Franconie et dans le Tyrol, et quiavait parmi ses membres des hommes tels que Sonnenfelsà Vienne.
L’illuminisme est l’antithèse absolue du jésuitisme; celui-ci a pour principe l’extension du royaume de Dieu, l’autre sedonne pour but de travailler au perfectionnement del’homme, ce qui a fait donner aux illuminés le nom de« perfectibilistes. » Afin d’atteindre ce but, les hommes,sans condition de classe ni de religion, doivent former uneligue générale qui répande l’instruction dans tous les rangsde la société. Il faut aussi que les princes régnants soiententourés de conseillers intègres qui n’aiment que la véritéet qui aient le courage de la dire. Si Ton en croit Charlesde Hesse-Cassel, on poursuivait en outre un but tout révo-lutionnaire. Ce landgrave raconte, en effet, dans ses mé-moires, publiés en 1866, que Bode, un des chefs de lasecte, alla le trouver en 1783, à Cassel, pour traiter avec lui;d nous donne à ce jujet des explications assez curieuses.
« Les principes affichés, dit-il, semblaient dirigés vers le