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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

de lui tous les honnêtes gens et destituèrent quiconqueétait connu pour ses sentiments patriotiques et libérauxIls réussirent à établir le tribunal secret de l’inquisitionqui siégeait dans l’infâme chambre jaune de la Hofburgdeluunich, et qui attira sur la Bavière des malheurs inouïs.

Il est vrai que la débauche et la brutalité du moyen âgesemblaient avoir choisi pour dernier refuge ce malheureuxpays qu’un régent, peu consciencieux du reste, essayait dotirer d’uu chaos de superstitions. Risbeck nous a laissé untableau peu flatteur de ce qu’était alors la Bavière. « Lesbourgeois, dit-il, les employés, les prêtres, les étudiants etles paysans, tous rivalisent à l’auberge. A côté de chaqueéglise on rencontre une maison mal famée et uu débit deboissons. La débauche et l’ivrognerie sont à l’ordre dujour. Ici vous voyez un clerc plonger la main dans le corsetd’une jeune fille, plus loin une courtisane vous demande sivous êtes de sa religion, parce qu’elle ne veut pas avoiraffaire avec un hérétique. Une autre vous parle, au milieude sa luxure, des confréries dont elle fait partie, de sespèlerinages et des indulgences qu’elle a gagnées. » Ce mé-lange de débauche et de bigoterie s’explique par la façongrotesque dont les prédicateurs bavarois évangélisaient cespopulations. Qu’on en juge par ce passage d’un sermonsur le chapelet, prêché le 3 octobre 1779 à Bogenhausen,près de Munich : « Oui, chers chrétiens, le saint chapeletterrasse les embûches du démon, c’est le fouet du diable, lepistolet de l’ùme contre toutes les tentations, l’hameçoninfaillible avec lequel la mère de Dieu attire du cloaque del'enfer ceux qui se repentent, pour les conduire au ciel,c'est l'épée à deux tranchants avec laquelle elle a coupé 1?queue du serpent, » etc.

Tandis qu’en Bavière régnaient l’ignorance et la supers-tition, la Prusse, sous Frédéric-Guillaume II, devenait laproie des deux obscurantistes, Wœllner et Rischofswerder.Ce dei mer avau prit tant d'empire sur l’esprit du souverain