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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
Eu ces années on flottait entre le genre mâle et dur deGœtz et les tendresses de Werther : la rudesse de Gœtzdominait à Weimar tandis que la sentimentalité l’emportaità Gœttingue où Gleiin et ses amis érigeaient en une sortede culte lès épanchements de leur correspondance frater-nelle. Ils n’évitèrent même pas le ridicule en ce genre depathos sentimental. Je n’en veux pour preuve que la façondont Voss, qui était fort positif, décrit les adieux de Stol-berg à la société du Hainbund : « Quelques-uns avalèrentles larmes mystérieuses du cœur, — la figure du plus jeune ;comte était terrible, — qui pourrait décrire les trois épou-vantables heures qui nous restaient à passer ensemble?Les sanglots s’arrêtent peu à peu. — Trois heures sonnent,nous ne songeons plus à étouffer notre douleur et nous jvoulons nous plonger dans la profondeur de notre tris-tcsse. » Combien le bon Voss a dû sourire au souvenir decet enthousiasme larmoyant pour un homme tel que Stol-berg dont l’apostasie devait indigner plus tard son amid’enfance ! !
Stolberg alla se perdre dans la société mystique et pié-liste que la princesse de Galitzin réunissait autour d’elle 1Munster, et qui par son platonisme chrétien offrait un par-fait contraste avec la joyeuse cour de Weimar.
Il naus est difficile aujourd’hui, avec notre sens rassis, ■de comprendre à quelle hauteur poétique étaient alorsmontées les imaginations. Une dame de Weimar, Amélie de .Voigt nous en donne la mesure, lorsqu’elle écrit dans sesMémoires : « Après les premières représentations de W<A-len.iuln, on ne comprenait pas que l’on pût penser à autrechose qu’au sort de Max et de Técla. » Mais le plus beautriompb.; fut celui de Schiller, lorsqu’il vint, dans 1 au-tomne de 180!, assister à Leipzig à la première représenta-tion de sa Pt .celle d’Orléans. Malgré l’excès de la chaleur,