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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

Winkelmann étudia les principes du beau dans les arts;lleyne favorisa le principe des études classiques ; Dasedowremplaça la vieille pédagogie scolastique par l’éducationutilitaire de J.-J. Rousseau; à sa suite, le généreux Pestalozziinventa la méthode qui exerce graduellement les facultésde l'enfant en suivant l’ordre indiqué par la nature, réformequi place son auteur au premier rang des bienfaiteurs del’humanité. Dans cette fièvre de rénovation, il se commitbien des fautes; on laissa de nombreuses lacunes, mais ilne faut pas juger d’un tel travail d’après ses imperfections,pas plus qu’on ne doit condamner le christianisme à causede l’inquisition, du massacre des Juifs et des bûchers dessorciers.

Nous avons vu précédemment que Klopstock avait lepremier retrempé la poésie aux sources de notre génie na-tional. La pompe et le sérieux de son style lui gagnèrentl’enthousiasme des jeunes gens, mais il resta sans influencesur les classes supérieures trop engouées encore de l’es-prit voltairien pour prendre goût à son teutonisme abstrait.Un troupeau servile d’imitateurs sans talent acheva de ridi-culiser ce premier essai d’originalité,

Wieland fut plus heureux et plus habile ; il parvint àéveiller l’intérêt du beau monde en remplaçant l’idéalismede Klopstock par un vivant réalisme. Aux sentiments pas-sionnés et aux vives couleurs de la poésie, il allia une iro-nie gracieuse qui lui valut les suffrages des plus délicats. Ils’était embarqué d’abord sur les ailes séraphiques deKlopstock, mais il comprit bientôt qu’il faisait fausse routeet que par la nature de son talent, il était appelé à fairegoûter la poésie nationale aux gens du monde, aux scepti-ques, aux galants. Il y réussit et exerça sur notre civilisationune influence considérable par cette série de productionsqui commence à Diane et Endymion (1762) pour finir à Obéron