ÉPOQUE CLASSIQUE DE LA SCIENCE ET DE L’ART
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(1780). N’exagérons rien pourtant, et n’allons pas at-tribuera de vieilles légendes et à des contes de fées une ac-tion que ne pouvait exercer ce génie aimable mais peu sé-rieux. Il suffît à sa gloire d’avoir ouvert la voie où allaiententrer après lui deux talents plus énergiques, Lessing etKant.
Ephraïm Lessing (1729-1781), de Kamenz en Lusace, arendu, par ses travaux de critique, l’esprit allemand à lui-même et lui a inspiré le sentiment de sa puissance et de sadignité personnelle. Son talent supérieur, doué à la fois devouloir et de puissance, comprit que le vrai patriotismeconsistait, non pas à rêver comme Klopstock un idéal horsd’atteinte, mais à mettre à nu les infirmités de la vie alle-mande en indiquant le moyen de les guérir. D’une main ildémolissait le vieux système de notre théologie, de l’autreil renversait lesidoles étrangères devant lesquelles ses com-patriotes brûlaient encore leur encens. Après av oir luttécourageusement contre l’orthodoxie que défendait le pas-teur Goetz de Hambourg, il nous apprit que nous pouvionssecouer le joug de l’imitation française :
« Qu’on me fasse voir, dit-il, une pièce du grand Corneilleque je ne ferais pas mieux que lui 1 »
Et il se montra digne de soutenir eet audacieux défi endotant notre théâtre d’une belle comédie nationale, Minmde Barthelm, et d’une tragédie non moins belle, Êmilia Ga-lotti. En même temps, dans son Laocoon (1766) et dans sadramaturgie de Hambourg (1767) il posait les assises de laliberté dans l’art de notre esthétique nationale. Son style,par sa netteté et son éclat dégoûta des lourdes emphasesde la pédanterie et sa critique, éclairée par la raison, dis-sipa les brouillards de l’ignorance.
Lessing est le premier homme libre, le premier penseur,le premier artiste de l'Allemagne ; il ne se targue pas de sonpatriotisme, il le prouve à chaque pas. Il s’élève même au-dessus de ce sentiment pour considérer la cause de l’huma-
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