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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
un livre sur l’esprit de la poésie hébraïque qui lut une vêri- jtable révélation et qui, en peu de temps, se répandit dans jtoute l’Europe.
A Goettingue s’était formée une société littéraire, le llain-bund, qui s’inspirait du teutonisme de Klopstoek, et dusouvenir des bardes de l’antique Germanie; Henri Voss, lesdeux Stolberg, Louis Hoelty et Martin Miller en faisaientpartie. Ce dernier fut connu plus tard comme auteur duroman sentimental Siegwart.
Ils avaient pour organe Y Almanach des Muses, que rédi-geaient Boie et Goeckingk. Leur exemple fut suivi par Leise- !witz, Claudius et surtout par Auguste Burger (1748-1794),le créateur de nos ballades, bien supérieur par ses malheurset son génie à toute la troupe des Hainbundler, dont les pro- ;ductions sont tombées dans l’oubli. L’âme de cette société,Voss, le traducteur d’Homère, dans une lettre à un ami, nousinitie au but idéal qu’ils poursuivaient et qui était une cer-taine alliance de la poésie idyllique avec le sentiment natio-nal. « Vous auriez dû être ici le 4 septembre, écrit Voss; les |deux Miller, Hahn, Hoelty et moi nous nous rendîmes lesoir à un village voisin ; la nuit était sereine et la lune dansson plein. Livrés au sentiment de la belle nature, nous nousfîmes servir du lait dans une chaumière de paysan et nousnous rendîmes ensuite sous un chêne. Cet arbre sacré nousinspira la pensée de jurer l’alliance de l’amitié. Nous entou- ]ràmes nos chapeaux de guirlandes de feuilles et nous lesdéposâmes sous l’arbre ; puis, entrelaçant nos mains, noustournâmes autour en prenant la lune et les étoiles à témoinde notre union et en nous jurant une amitié éternelle. »
Il y a dans ces détails une honnête naïveté que l’on re-trouve dans un récit donné par le même Voss sur une deleurs réunions : « Les disciples des Bardes étaient placés desdeux côtés de la table enguirlandée de feuilles de chêne; onporta des toasts. Boie prit le verre, se leva et dit : à Klopstoek!Chacun fit de même et vida son verre après quelques ins-