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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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ÉF0QUB CLASSIQUE DE LA SCIENCE ET DE L'ART

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amour décèlent une âme ardente et révoltée. Tandis queGœthe planait aux sphères supérieures par l'étude dessciences physiques et par la contemplation des chefs-d’œuvre de l’art, Schiller y abordait par l’étude de l’his-toire et de la philosophie et produisait Don Carlos, leslettres sur l'esthétique, la Trilogie de Wallenstein, enfin Guil-laume Tell, son beau drame, où l’amour du sol natal et lapassion de la liberté lui ont inspiré de si nobles accents.

Lié d’une amitié profonde avec Gœthe à partir de 1774, ilcompose avec lui, trois ans après, les Xénies, ce tableauvivant des misères et des platitudes de la vie littéraire quiexcita un si grand scandale. Ces deux hommes se complé-taient admirablement et fondaient ensemble, l’un son réa-lisme, l’autre son idéalisme. Réunis, ils nous représententla liberté esthétique dans sa plus haute expression, ainsique l’adoption de l’art grec au sentiment allemand. Il y apourtant une différence dans la manière dont chacun d’euxa rempli sa mission : Gœthe, artiste par excellence et d’uneliberté complète, reste dans le domaine de l’art et en achèvele perfectionnement ; Schiller qui réunit en lui l’idéal de labeauté à celui de la liberté, est un artiste doublé d’un ci-toyen. A la fin de sa carrière il indique à l’Allemagne parson Guillaume Tell qu’elle doit revenir du cosmopolitismeau sentiment patriotique.

« Quand les rois bâtissent, les charretiers sont occupés, »dit un proverbe populaire. Mais après Gœthe et Schiller,les charretiers firent plus de bruit que les rois, je veuxdire qu’on fut si occupé de les imiter qu’on en oublia desuivre leur exemple. Les fables d’Aug. Lafontaine, les facé-ties de Langbein, les tragédies de Schrœder et d’Ifïland, lesdrames de Kotzebue, tel est le mince bagage des imitateursde ces deux grands poètes. Il s’éleva bien de temps à autredu milieu de ce troupeau servile quelque auteur qui popu-larisa leurs idées humanitaires, tels que Henri Zschokke(1771-1486) et Frédéric Hoelderlin (1770-1843). Celui-ci, né à