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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

Lauffen, en Souabe, se tint bien au-dessus des poésies deMatthisson et de Salis et des élégies de Tiedge. CommeGoethe, il nous charme par l’heureuse alliance du germa-nisme avec la beauté grecque. De même, Pierre Hébel(1760-1126) resté si classique dans l’idylle, a dégoûté lesAllemands du sud du roman de Siegvart et des produc-tions d’Iffland, en leur montrant comment on exprime avecvérité les sentiments naturels.

Une philosophie aussi originale que celle de Kant nepouvait manquer de porter ses fruits et d’agir sur les in-telligences. Si l’on ne voulait pas rester en arrière, il fallaitsuivre ce courant de pensées viriles et indépendantes. Aussi,tandis que Gœtlie et Schiller honoraient par leur chefs-d’œuvre la nation allemande, la science triomphait égale-ment sur tous les points. Guillaume de Humboldt (1767-1835) et Frédéric Auguste Wolf (1759-1824) tiraient de lalinguistique et de l’archéologie d’heureux résultats, Jeande Muller (1752-1809) inaugurait avec éclat l’introductionde l’art dans l’histoire allemande, Niebuhr (1777-1831) ap-pliquait à l’histoire de Rome l’intègre sévérité d’une criti-que supérieure, Frédéric Schlosser (1776-1861) jugeait l’an-tiquité et son siècle comme un digne disciple de Kant, Gus-tave Hugo, mort en 1844, Anselme Fuerbach, mort en 1833,Zacliariæ, mort en 1843 soumettaient les règles et la pra-tique du droit à une enquête minutieuse et à une réformeintelligente. Les sciences elles-mêmes subirent l’influencedes idées de Kant et leur durent de sérieux progrès. On enpeut juger par les travaux de Blumenbach en physiologie,de Sœmmering en anatomie, d’Hufeland dans la médecinepratique et de Werner en géologie.

Rendre la nation digne de la liberté par le culte du beau,

. donner les vérités de la science pour fondement à la vie età l’activité de l’homme, préparer le rayonnement et la