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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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ÉPOQUE CLASSIQUE DE LA SCIENCE ET DE L’ART

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diffusion de notre esprit national chez les autres peuplespar le caractère cosmopolite de notre littérature, telle fut lagrande pensée qui anima les classiques allemands et la ré-volution intellectuelle dont Lessing, Kant, Herder, Gœtheet Schiller jetèrent les bases au moment même où les révo-lutionnaires français renversaient l’État féodal.

Les beaux-arts suivirent ce mouvement progressif, quoi-que avec une certaine lenteur. On commença à former àDresde, à Vienne, à Berlin, des galeries où affluaient leschefs-d’œuvre des artistes italiens et flamands. En mêmetemps on créa des écoles de beaux-arts et la peinture alle-mande fit quelques progrès avec Raphaël Mengs, PhilippeHackert et Angelica Kaufman, tandis que la gravure se per-fectionnait grâce à Chodo’wieki. Mais en somme, la révolu-tion sur ce point ne devait se produire qu’au dix-neuvièmesiècle.

Il en fut autrement de la musique, pour laquelle de toujtemps les Allemands ont été bien doués; déjà, au moyenfige, on enseignait dans les écoles la musique vocale et ins-trumentale. Cette dernière se perfectionna à l’époque de laRéforme et ne cessa de progresser jusqu’au dix-huitièmesiècle où elle atteint son apogée avec Bach et Haendel. Lestravaux faits de notre temps par Thiébaut, Winterfeld etKiesewetter sur la théorie musicale ne sont pas les corol-laires des principes posés au siècle dernier par Mathesondans son Parfait maître de chapelle et par Marpurg dans sestraités de fugue et de contre-point où les Français et lesItaliens ont reconnu l’expression la plus parfaite de la mé-lancolie allemande. A la même époque, Georges Benda(1721-1795) introduisait chez nous le mélodrame avec sonAriane, et Hiller (1728-1804) l’opérette, Joseph Haydn (1731-1809) composait ses admirables symphonies et ses quatuors,et Gluck (1714-1787) donnait à cet art la vraie noblesse dustyle. A la molle langueur de l’Italie et aux fioritures demauvais goût de la France, il substitua le magnifique essor