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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ BT LES MŒURS ALLEMANDES

de l’imagination allemande. Son opéra d’Iphigénie en Au-lide, représenté è Paris en 1774 fut pour lui un triomphe eteut eu deux ans cent soixante-dix représentations. Iphigénieen Aulide ainsi que Echo et Narcisse méritent encore le nomde chefs-d’œuvre.

Jean Wolfgang Mozart (1756-1791), de Saltzbourg, s'est il-lustré par ses compositions religieuses, ses symphonies, sesquatuors et ses sonates, mais surtout par la création de notreopéra. L’Enlèvement au sérail, la Flûte enchantée et les Nocesde Figaro, qui firent les délices de ses contemporains, char-meront de même les générations futures; son Don Juan ré-vèle un génie aussi universel que la poésie de Faust. Exé-cuteur incomparable et musicien dramatique sans rival,Mozart a su faire une œuvre sublime où la gaieté s’allie ausérieux.

Il est des époques fécondes en génie, telle fut chez nousla lin du dix-huitième siècle. De même que la nature y fitnaître Schiller à côté de Gœthe, en même temps que Mo-zart, elle produisit Beethoven (1770-1827) dont les neufgrandes symphonies et l’opéra de Fidelio peuvent se placerà côté des compositions de son rival. Il y a d’ailleurs entreces grands hommes des courants d’inspiration qui les rap-prochent ; ainsi la musique de Beethoven est remplie desmêmes pressentiments prophétiques que la poésie deSchiller, le souffle de liberté des Brigands gronde et rugitdans les compositions du grand symphoniste, dompté, ilest vrai, par 'a main du maître et ramené à la noble gran-deur de Wallenstein. On peut dire, sans crainte d’erreur,que l’idéalisme allemand a rencontré sa plus belle expan-sion dans les lettres de Schiller sur l'éducation esthétiqueet dans la musique de Beethoven.

La comédie avait grand’peine à s’établir solidement enAllemagne, à cause de la faveur dont l’opéra jouissait dans