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ÉPOQUE CLASSIQUE DE LA SCIENCE ET DE L’ART
les cours. Elle réussit pourtant à se faire peu à peu sa placeà côté de son rival. Son premier pas vers le succès fut d’ob-tenir un théâtre fixe que l’on accorda, en 1767, à Ham-bourg, à la troupe de Conrad Ackermann. Cet exemple futsuivi, en 1776, par Joseph II, qui prit les comédiens soussa protection, supprima les dépenses du ballet et installa leBurgtheater. Les leçons de Lessing, la connaissance desœuvres de Shakespeare, l’ardeur juvénile de Goethe et deSchiller qui électrisèrent le public et aussi l’apparition d’ac-teurs excellents finirent par donner à l’art dramatique unvigoureux essor et lui conquérir les sympathies de la na-tion. L’épanouissement complet se fit à Weimar, de 1791 à1805, où Gcethe dirigeait le théâtre et Schiller en composaitles pièces. Là cependant, comme dans tous les théâtres decour, il fallut subir parfois d’étranges caprices. Un mélo-drame français, le Chien d’Aubry, où le principal rôle étaitrempli par un chien vivant, faisait alors fureur en Allema-gne. Les dames de Weimar voulurent le voir et malgré l’op-position de Goethe, elles obtinrent qu’un caniche vînt casbrioler sur la scène où figuraient naguère les Wallensteinet les d’Egmont.
Les derniers représentants de notre littérature classiquesont deux écrivains qui semblent déjà donner la main à lapériode suivante; l’un est un philosophe, Jean ThéophileLicite (1762-1814), de Rammenau, dans la Haute Lusace;l’autre, un humoriste, Jean Paul Richter (1763-1825), né àWunsiedel, en Franconie. Le premier tira de l’idéalismecritique de Kant la théorie de la liberté absolue ; le secondintroduira cette théorie dans des œuvres poétiques d’unegrande originalité, surtout dans le Titan. La richesse de sonimagination et la délicatesse des sentiments qu’il exprimaitle rendirent aussitôt populaire. Il fut l’idole des femmesgagnées à ses rêveries sentimentales et nuageuses par lahardiesse avec laquelle il revendiquait la liberté du senti-ment.