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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

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Le régin lent des grenadiers de Potsdam formait le noyaude l’armée et comprenait trois mille beaux gaillards dontl’équipement servit de type aux armées allemandes. Ils por-taient la tunique bleue à retroussis, la veste jaune, les guê-tres blanches ; leurs cheveux étaient poudrés et ceux dederrière tressés en forme de queue. Le simple soldat tou-chait 4 thalers par mois, le capitaine 1,200 thalers par an.Comme l’enrôlement ne suffisait pas pour remplir les vides,un décret de 1733 obligea tous les Prussiens au service mi-litaire, à l’exception des fils de gentilshommes, des hommestrop pétits, de fils de bourgeois qui pouvaient justifierd’une fortune de 6 à 10,000 thalers, des fils de pasteurs etdes fils uniques.

Dans les exercices militaires on visait surtout à mettre del’unité dans les évolutions et de la rapidité dans les mouve-ments. Frédéric-Guillaume aimait à commander lui-mêmele feu à ses régiments, par bataillons et par pelotons, et àvoir exécuter son commandement avec autant de justesseet de précision que si l’on avait pressé successivement lestouches d’un piano. Frédéric le Grand, pour conserver sesconquêtes dut maintenir l’armée sur le pied de guerre. Unhomme sur vingt-cinq fut appelé sous les armes, sans ex-cepter les vieillards ni les jeunes garçons. Depuis l’incorpo-ration de la Prusse occidentale, l’armée s’éleva à deuxcent mille hommes, et son entretien coûtait 13 millions dethalers, plus de la moitié des revenus de l’État.

Comme l’artillerie décidait de plus en plus du sort desbatailles, le matériel de cette arme fut considérablementaugmenté j pendant la campagne de 1761, l’armée prussiennedisposait de cent quarante-cinq canons et de trente obu-siers; à la guerre de 1778, elle avait cinq cent quatre-vingt-quinze canons et cent seize obusiers. Frédéric introduisitégalement l’artillerie à cheval dont les Russes lui avaient