l’état et l’éguse
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montré les avantages pendant la guerre de Sept Ans. Lenombre de chevaux qu'il employa aux transports de l'ar-tillerie et du train s’élevait à huit mille six cents, sans comp-ter ceux de l’artillerie à cheval. Presque tous les officiersétaient pris dans la noblesse; il y avait entre eux et les sol-dats une immense distance ; en somme, l’armée n’était qu’uncorps sans âme dont les éléments contraires étaient retenusensemble par une discipline de fer (mort par le gibet, bas-tonnade, mutilation). On ne vit plus cependant sous Frédéricles officiers crever les yeux de leurs soldats ou leur briserun membre pour la moindre infraction, comme cela s’étaitpratiqué sous son père. On peut toutefois juger de la façondont les choses se passaient encore par l’ordre du jour pu-blié en 1785 par le général Moellendorf, gouverneur deBerlin. Il y défend aux officiers d’infliger à leurs hommesdes coups de bâton et des insultes grossières, « attendu queSa Majesté a à son service d’honnêtes soldats et non deschiens. » Frédéric avait si bien conscience du manque ab-solu d’âme dans sa machine militaire, que la plupart desordres du jour qu'il fit lire avant les batailles portaient « au-jourd’hui point de retraite » ; à Collin, voyant ses grena-diers ébranlés, il les ramena avec ces paroles : « Canailles !avez-vous envie de vivre toute l’éternité ? [» Il savait aussiquel sourd mécontentement couvait sous l’obéissance : avantla première guerre de Silésie, le vieux prince de Dessau luifaisant compliment sur la bonne tenue de ses troupes ;« Ce qui me paraît le plus surprenant, lui répondit Frédéric,c’est que nous soyons en sûreté au milieu de ces gens dontchacun est mon ennemi et le vôtre. Cependant le respect del’autorité et l’esprit de subordination les tiennent en bride. »Plus tard il aurait pu ajouter à ces raisons le prestige d’ungrand nom.
Lorsque la mort du dernier des Habsbourg fit éclater laguerre de la succession d’Autriche, l’armée de ce payséomptait cent trente-cinq mille hommes sur le papier dont
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