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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA. SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

moment même où nos penseurs et nos poètes déployaientleur vol vers les rsphères de la liberté.

.Avec les progrès de la civilisation, quelques adoucisse-ments pénètrent dans les pratiques de la justice. Tandisque la France conservait la torture et ses sinistres accompa-gnements, Frédéric l'abolissait dans ses Etats et défendait denoyer les infanticides dans des sacs, exemple qui fut suivipar Bade, en 1767, le Mecklembourg, en 1769, la Saxe, en1771, et l'Autriche, en 1776. Pourtant la torture, par unesingularité curieuse, n’a été abolie légalement, dans le Ha-novre, qu’en 1840. L’auguste maison des Guelfes a toujourseu l’humanité en horreur ; elle se serait refusée aux réformesjusqu’à la consommation des siècles, si l’année 1866 nelui avait imposé son veto. D’autres mesures charitablesadoucirent les rigueurs du Code ; on révisa les statuts exis-tants et l’on mit les droits particuliers en harmonie avec lajustice du pays. L’obstacle le plus sérieux que l’on eut àvaincre fut la corruption qui résultait de la vénalité descharges de judicature qui se donnaient partout pour del’argent.

Comme par le passé, le droit romain était l’objet prin-cipal des études ; des savants tels que Hoepfner, morten 1796, se distinguèrent dans ces recherches érudites. Amesure que la diplomatie s’affranchissait de la curie ro-maine, notre justice nationale se dégageait du droit romainet inspirait confiance aux populations, malgré les abusauxquels elle donnait lieu. Ainsi le commerce du tabac,du café, de plusieurs autres marchandises, était encore unmonopole aux mains de l’État ; Frédéric, tout spirituel etintelligent qu’il fût, avait des idées si fausses en économiepolitique qu’il négligeait l’entretien des routes afin d’obli-ger les voituriers étrangers de séjourner plus longtemps etde laisser plus d’argent dans le pays. Aussi laissa-t-il un tré-