l’état et l'église
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sor de 72 millions de thalers, ce qui fit dire à l’ambassadeuranglais Malmesbury que l’immobilisation d’une telle sommeavait appauvri la Prusse. On ne comprenait pas encore queles monopoles sont la ruine du commerce et de l’industrieet que la vraie richesse d’un État consiste non dans lafortune du souverain, mais dans la prospérité de sessujets.
L’empereur Joseph II, qu’un poëte a comparé au soleil,qui ne peut souffrir à côté de lui ni la nuit ni le brouillard,déclara, dès son avènement, qu’il entendait gouverner sui-vant ses principes, dissiper les préjugés, le fanatisme, l’es-clavage de l’esprit et faire jouir chacun de ses sujets de laliberté individuelle. Par un édit de 1781, il accorda laliberté de la presse et celle de réunion ; par l’édit de to-lérance de la même année, il mit fin aux tribulations desnon-catholiques. Il ferma sept cents couvents sur deux milleet fonda à la place des institutions pour corriger l’igno-rance ou soulager la misère : l’Hospice universel de Vienne,la Maison des enfants trouvés, les Sourds-Muets, l’Aca-démie de médecine et de chirurgie. C’est en vain que Romeenvoya des nonces, Joseph II leur enleva leurs privilèges,mesure hardie à une époque où le nonce de Munich faisaitencore graver sur ses cartes de visite la Religion sur unchar traîné par des lions et foulant aux pieds un hommeétendu à terre.
L’empereur entama aussi les privilèges de la noblesse au-trichienne en conférant des titres nobiliaires à des roturiersenrichis et même à des juifs. Il vendit un diplôme de comte20,000 florins, montrant ainsi son dédain pour l’aristocratiede naissance, lorsqu’elle n’est pas relevée par le méritepersonnel. Il abolit le servage, diminua les corvées despaysans, frappa au coeur la féodalité par l’édit de 1789, quiétablissait un impôt unique sur tous les habitants de l’em-pire. Déji la justice avait été réformée par le Code civil(1786), et par le Code criminel (1787), rédigés en langue
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