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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
allemande et établissant l’égalité de tous devant la loi.
On vit, spectacle nouveau en Autriche, des criminels noblesau pilori, en prison ou sur les galères. Devançant les temps,Joseph II voulait même abolir la peine de mort. Si la plu-part de ces réformes trop précipitées échouèrent, 1 influenceen fut néanmoins considérable. Elle ne put être effacée parses deux successeurs, et au moment d’entrer dans latombe où le poussaient les fureurs de la noblesse et duclergé, il avait raison d’en appeler à la postérité en disant:« Je connais mon cœur : je suis convaincu de la bonne foide mes intentions et j’espère que les siècles à venir jugerontavec impartialité ce que j’ai fait pour mon peuple. »
L’impulsion donnée par les souverains de la Prusse et del’Autriche, produisit une guerre ouverte contre Rome.L’Allemagne demanda l’expulsion des jésuites. Partout oùl’opinion publique parvint à se faire entendre, elle prit pourmot d’ordre : raison et.lumière. L’évêque de Trente, Nicolasde Hontheim, mort en 1790, publia, sous le pseudonymede Frobonius, un livre sur l’état de l’Église et sur la légiti-mité du pouvoir papal qui fit naître la pensée d’une Églisecatholique nationale. La proposition en fut portée au con-grès d’Ems (1786) par les quatre archevêques que fatiguaientles prétentions du nonce, mais elle fut repoussée par lesévêques qui préféraient obéir au souverain pontife plutôtqu’aux archevêques d’Allemagne. Pourtant la fraction libé-rale du parti catholique ne se rebuta point ; des savants,Blau, Hug et Scholz, par leur critique historique et philolo-gique, préparaient la voie à Hermès (mort en 1831) qui, se-condé par l'ex-jésuite Sailer (mort en 1833), essaya de substi-tuer la raison à la foi et de remplacer de stériles formulespar une morale active. D’énergiques attaques furent surtoutdirigées contre le célibat des prêtres dont les curés de la Si-lésie et du Sud demandaient l’abolition vers 1830. Mais