l’étai et l’église
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les princes restaurés blâmèrent l’imprudence de leurs pré-décesseurs qui avaient laissé ébranler les autels. Profitantde ces dispositions, Rome obtint une série de concordatsqui furent autant de victoires sur l’esprit allemand.
Il n’y eut pas jusqu’à l’Église protestante qui ne subitl'influence du mouvement. Parmi les sectes se distinguacelle de Herrnhut, fondée par Zinzendorf et continuée parSpangenberg; cependant l’Angleterre nous envoyait sonméthodisme, la Suède les visions de Swedenborg dont la Jé-rusalem nouvelle conquit beaucoup d’adhérents dans leWurtemberg. Peu à peu la ligne de démarcation se dessi-nait entre ceux qui croient et ceux qui raisonnent.
De ce côté-ci du Rhin le scepticisme arborait aussi sondrapeau : Lessing avait déjà essayé de séparer du dogmela morale et l’art chrétien; Schiller et Goethe n’avaient pourle culte extérieur que de l’indifférence. L’auteur de Faustaccusait l’Église d’être un mélange d’erreur et de despo-tisme; il parlait des dogmes et des mystères en des termesqui ont valu à cet illustre païen la haine du clergé de toutesles confessions. En maint endroit de ses livres, il a for-mulé son credo panthéiste; pour lui, la piété ne doitpas être un but, mais un moyen d’arriver, par la paixd'une bonne conscience, à la plus haute perfection.
C’est ce qu’il a exprimé dans son Iphigénie - Il disait àEckerman : « Je croyais à Dieu et à la nature, à la vic-toire du bien sur le mal, mais cela ne suffisait pas auxhnes pieuses; il me fallait croire que trois font un et un faittrois, ceci répugnait au sentiment de vérité de mon àme. »
Dans un de ses livres, il a dit : « Il n’y a que deux religionsWales; l’une adore le bien qui réside en nous et qui est'■^palpable, l’autre l’adore dans ses formes extérieures,tout le reste est idolâtrie. » Citons encore ces paroles à Ec-kerman : « Les hommes traitent Dieu, cet être que notreP®sée ne peut concevoir, à peu près comme leur sem-blable; il devient ainsi pour eux, et surtout pour le clergé.