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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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l’état et l’égusb

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l’espérance d’une transformation radicale; la fin glorieusede la guerre de l’indépendance dans l’Amérique du Nordréveilla dans le pays de l’esclavage par excellence des as-pirations républicaines. C’est là un fait qu’il ne faut pasperdre de vue et qui explique l’immense enthousiasmé aveelequel la grande majorité de l’aristocratie salua la révolu-tion française. Klopstock, à soixante-six ans, gémit encoresur le malheur de notre asservissement : « Hélas! ce n’estpas toi, ma patrie bien-aimée, [qui es montée au sommetde la liberté ! L’exemple rayonnait sur les peuples ; ce fut laFrance ! Tu ne te désaltéras pas à cette source de gloire ; tune cueillis pas le rameau sacré de cette immortalité !» A lamême époque, Fritz Stolberg, qui sera plus tard un renégatde la liberté, écrivait de Berlin : « Ce que j’éprouvai étantenfant, ce que je fis entrevoir dans mon poëme la Liberté,est aujourd’hui un sentiment populaire. Les journaux alle-mands, cette lie de la lâcheté et de l’esclavage, disent main-i tenant des vérités que le grand Montesquieu a dû voiler;| le ton des monarques devient plus modéré, et pas un n’osedire aux nobles belges : vous êtes des rebelles!» Il est vrai que| dès l’année suivante il chantait la palinodie : « L'enthou-siasme est passé ; je fus aussi exalté qu’il est possible del’être pour l’indépendance de la France, mais à présentfout espoir a disparu. » Yoss conserva plus longtemps sesI illusions. Ayant partagé les souffrances des serfs du Mec-klembourg, dont il a été l’historien, il savait qu’une tellerévolution ne se fait pas à l’eau de rose. En 1792, alors quelAutriche et la Prusse étaient en guerre avec la jeune ré-publique française, il écrivait : « Cela finira bien, certaine-ment, quand même l’univers serait rempli de PrussiensPrêts à dévorer la liberté. » Cependant, à mesure que latragédie sublime s’accomplissait à Paris acte par acte, lestranquilles Allemands prirent peur. Il n’y eut que quelquesFrands esprits, Kant, Fichte, Forster, qui, à travers le voile^uglant des événements, devinèrent l’ère nouvelle qui