ROMANTIQUES ET LIBERAUX
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nous jeter dans une impuissance poétique pendant quelquesannées. On doit pourtant à Auguste d’excellentes traductionsde Dante, de Calderon et de Camoëns. Gries et une fouled’autres cultivèrent après lui ce genre de la traduction, oùl’Allemagne est sans rivale. Nous leur devons, ainsi qu’à lalittérature historique et universelle fondée par Sclilegel,d’avoir agrandi l’horizon de notre intelligence, de com-prendre et d’apprécier mieux que personnè la beauté idéalechez les anciens et chez les modernes. C'est là un progrèssérieux et qui doit agir sur la civilisation de l’humanité.
A côté de ces hommes distingués, il faut placer LouisTieck (1763-1853) de Berlin. Doué du talent poétique, il enri-chit le romantisme de plusieurs comédies, d’un roman,François S ternbald, et des légendes dramatiques de Geneviève,Octavie et Fortunatns. Toutes ces productions capricieuses etfantastiques furent accueillies avec enthousiasme au sein del’école, mais ne produisirent pas sur la nation un effet ana-logue aux poésies de Lessing, de Gœthe et de Schiller. Ceserait leur faire injure que de le rapprocher d’eux.
Plus tard, Tieck écrivit dans le style de Gœthe des nou-velles et dialogues dans lesquels l’ironie romantique se don-nait libre carrière sur les questions du jour. Dans le mêmecercle d’idées nous rencontrons deux écrivains, ClémentBrentano (1777-1842) et Achim d’Arnim (1781-1831), quigaspillèrent d’heureuses dispositions dans ce monde de lafantaisie; il en fut de même de Bettina, sœur de l’un etfemme de l’autre, la sibylle du romantisme; elle a jeté surtous ses ouvrages un voile fantastique qui en dérobe laBeauté. Brentano et d’Arnim composèrent ou recueillirentun grand nombre de chansons populaires qui ont formé leIV merveilleux de l'enfant.
Cette publication prouve combien le romantisme aimai4 se rattacher aux traditions populaires dès au’elles avaient