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LA. SOCIÉTÉ ET LES MCEURS ALLEMANDES
une couleur moyen âge. C’est là une tendance qui favorisel’étude de l’antiquité, mais qui prête trop d’importance àd’insignifiantes bagatelles.
Zacharie Werner (1768-1823), Lamothe-Fouqué (1777-1843)et Théodore Hoffmann (1776-1826), accentuèrent plus encoreque les précédents la manie de réaction. Ils sont tous lestrois les vrais représentants d’une période où la décadenceextérieure répondait à la décomposition interne ; où le men-songe et l’imagination tenaient lieu de génie créateur.
Vu de près, leur christianisme romantique n’est qu’unprétexte à coquettes peintures, à bulles de savon. Werner,par ses relations avec les courtisans de Paris et de Rome,prouva jusqu’où un Allemand peut pousser la dissipationsystématique; cela lui permit d’imprimer plus tard sonrepentir chrétien, de faire d’un pécheur un prêcheur de pé-nitence, métier qu’il exerça à Vienne quand il eut embrasséle catholicisme.
Avec ses ducats et sa bonne chère, Vienne était en effetdevenue le refuge des romantiques, depuis Frédéric Schle-gel et Gentz, jusqu’à Hurter, qui, tout catholique secretqu’il était, n’en toucha pas moins pendant des années letraitement de chef de l’église protestante.
Werner avait un vrai talent littéraire qui perce dans sonFils de la Vallée, mais qui se perd dans les absurdités deses drames. Son Vingt-quatre février, ainsi que les tragédiesde Mullner et de Houwald, n’étaient bons qu’à chatouillerles nerfs d’une foule blasée qu’amusaient en même tempsles Contes fantastiques d’Hoffmann, composés sous l’inspi-ration des liqueurs spiritueuses, et qui ne présententl’homme que sous une forme fantasmagorique, éclairée desflammes bleuâtres de l’alcool.
Fouqué se donne pour mission, en véritable Don Qui-chotte, de réhabiliter la gentilhommerie du moyen âge,mais il eut moins de succès en ce genre que le poète danoisOehlenschlaeger, et même que son compatriote Ernest