ROMANTIQUES ET LIBERAUX
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Schulze, dont l’épopée Cécile est une des productions lesplus littéraires de cette école.
Je parlais tout à l’heure de la décomposition morale quiaccompagnait la décadence littéraire. Pour en avoir unexemple, il n’y a qu’à se transporter à Berlin après la mortde Frédéric-Guillaume II, on y trouve une société pourrie;à la cour même, le sentiment des convenances a tellementdisparu que les officiers, un jour de fête, pillent sans ver-gogne les tables de la cour à la fin du repas. Voici d’ailleursdans quels termes un témoin digne de foi décrit le mondeélégant dans des lettres intimes : « Dans cette capitale, lesjouissances physiques sont poussées jusqu’au dernier raffi-nement ; les officiers surtout, livrés depuis longtemps à laparesse et devenus étrangers aux sciences, foulent aux piedsles choses les plus saintes, la religion, la fidélité conjugale,toutes les vertus de la famille; leurs femmes sont une pro-priété banale qu’ils vendent, qu’ils échangent et cèdentchacun à son tour. La corruption en est venue au point quedes dames delà société s’abaissent au rôle d’entremetteuseset débauchent les jeunes filles; il y en a d’autres qui nerougissent pas de s’asseoir au théâtre au banc des courti-sanes et d’emmener les galants qu’elles y ont recrutés. Il ya des cercles de femmes débauchées qui louent des cham-bres en commun et s’y livrent à des orgies qui eussentétonné le Régent. »
C’est en vain que Frédéric-Guillaume III essaya par sonexemple de corriger les mœurs. Marié à la vertueuse Louisede Mecklembourg, il se plaisait auprès d’elle à la vie defamille, lui lisait les romans d’A. Lafontaine et assistait àdes bals d’enfants. La reine se montrait en tout digne defui; elle n'eut d’autre coquetterie que de déployer, au granddéplaisir de son époux, beaucoup de grâce à la danse.
Le romantisme était représenté à la cour par le prince