ROMANTIQUES ET LIBÉRAUX
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sans être écrivain, de l’influence sur notre littérature par sacorrespondance et fut des premières à goûter et à faire ap-précier le talent de Goethe. C’est par elle et par Bettina quecommence l’action des femmes sur notre littérature, actionqui a sans doute favorisé le dilettantisme mais qui a aussicontribué à faire entrer la vie intime dans les éléments denotre civilisation.
Tandis que la société de Berlin continuait les folies dudix-huitième siècle, l’orage lentement amassé contre laPrusse éclatait à Auerstædt et à Iéna (1806), détruisant unÉtat corrompu par l’administration du triumvirat Haugwitz,Lombard et Lucshesini et qui n’avait pas su prendre unparti à temps. Le prince Louis expia bravement ses erreursde jeunesse en tombant sur le champ de bataille de Saal-feld, après avoir inutilement prédit à la Prusse qu’elle suc-comberait sans alliés et sans honneur sous les coups de laFrance. Sa prophétie se vérifia; la Prusse, témoin jaloux dela défaite des Autrichiens à Austerlitz, fut victime à son tourdes divisions de l’Allemagne. La défaite fut si rapide queNapoléon lui-même s’étonnait d’avoir si facilement raisonde la monarchie de Frédéric : « Les Prussiens, disait-il, sontencore plus stupides que les Autrichiens. »
On vit dans cette campagne de 1806 de quel faible appuila noblesse était pour le trône, tandis que la bourgeoisie,par l’exemple de Rettelbeck, prouva que l’honneur et lecourage n’étaient pas encore bannis de notre pays.
Avec la paix de Tilsitt commence pour la Prusse et pourl’Allemagne une période d’humiliation, mais aussi de re-cueillement et de régénération. Le despotisme de Napoléonnous fait boire un calice d’amertume au fond duquel se re-trouvera le sentiment de la nationalité. Il faut lire les ou-vrages et les lettres d’Henri de Kleist (né en 1776, suicidé en1811), pour comprendre la douleur et l’indignation qui
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